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	<title>Inepte, Nocif, Effrayant et Sc&#233;l&#233;rat, le projet INES doit &#234;tre retir&#233;</title>
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		<title>Audition de C&#244;me Jacqmin (SM) par la CNIL</title>
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		<dc:date>2005-04-21T22:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>SM</dc:creator>



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&lt;p&gt;La CNIL a organis&#233; des auditions sur le projet INES. Dans ce cadre, C&#244;me Jacqmin (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SM) a pr&#233;sent&#233; le 22 avril 2005 les positions du SM. &lt;br class='autobr' /&gt; Au sein du syndicat de la magistrature, nos craintes concernent les dangers de l'utilisation des identifiants biom&#233;triques, la constitution d'un fichier central et aussi la question du couplage d'usages multiples de la future carte nationale d'identit&#233;. Ce dernier point est &#224; rapprocher des finalit&#233;s qui sont n&#233;cessaires pour (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="http://www.ines.sgdg.org/spip.php?rubrique2" rel="directory"&gt;Actions&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La CNIL a organis&#233; des auditions sur le projet INES. Dans ce cadre, C&#244;me Jacqmin (secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du SM) a pr&#233;sent&#233; le 22 avril 2005 les positions du SM.&lt;br&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au sein du syndicat de la magistrature, nos craintes concernent les dangers de l'utilisation des identifiants biom&#233;triques, la constitution d'un fichier central et aussi la question du couplage d'usages multiples de la future carte nationale d'identit&#233;. Ce dernier point est &#224; rapprocher des finalit&#233;s qui sont n&#233;cessaires pour justifier le recours &#224; un tel dispositif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes r&#233;ticents &#224; l'id&#233;e d'un recours banalis&#233; aux identifiants biom&#233;triques num&#233;ris&#233;s. Le projet INES soul&#232;ve des enjeux importants autour de la question de l'identit&#233; de chacun d'entre nous. Nous assistons &#224; un changement de registre. Notre identit&#233; est-elle sociale ou biologique ? Nous ne pouvons rester indiff&#233;rents &#224; ce projet qui introduirait un grand changement dans la mani&#232;re dont s'institue l'identit&#233;. En effet, une nouvelle base d'&#233;tat civil serait constitu&#233;e qui remettrait en cause le principe d&#233;claratif et instituerait un soup&#231;on de principe sur l'identit&#233; de chacun. Il s'agirait d'un changement de valeurs dans notre soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le recours &#224; la carte d'identit&#233; obligatoire, qui remet en cause la libert&#233; de preuve de l'identit&#233;, m&#234;me implicitement, participe de cette m&#234;me logique. Nous restons attach&#233;s &#224; la notion de libert&#233; de la preuve de l'identit&#233; et au caract&#232;re non obligatoire du port d'un titre d'identit&#233;, &lt;i&gt;a fortiori&lt;/i&gt; du type de celui qu'on nous annonce.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette m&#233;fiance par rapport au recours &#224; des identifiants biom&#233;triques s'explique par le contexte d'&#233;volution technologique. La lecture sans contact de la puce contenue dans le titre nous pr&#233;occupe. En effet, les puces RFID permettent leur lecture &#224; distance &#224; l'insu de leurs porteurs. M&#234;me si le projet exclut cette hypoth&#232;se dans un premier temps, la pression de l'&#233;volution technologique &#233;tant ce qu'elle est, la question de la lecture &#224; distance se posera &#224; terme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les techniques de reconnaissance faciale sont &#224; mettre en lien avec le d&#233;veloppement exponentiel de la vid&#233;o surveillance. Dans ce domaine, les enjeux en termes de libert&#233;s publiques sont fondamentaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce projet n'est &#171; confortable &#187; que pour l'Etat, pas pour le citoyen qui serait appel&#233; &#224; justifier de ce qu'il est. Il s'agit d'un premier pas vers un marquage syst&#233;matique des individus. Aux Etats-Unis, l'implantation de puces sur le corps humain est exp&#233;riment&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;sur le fichier central&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le projet de constitution d'un fichier concernant toute la population et recensant les donn&#233;es biom&#233;triques est sans pr&#233;c&#233;dent. Les &#233;l&#233;ments biom&#233;triques sont des donn&#233;es sensibles car ils pourraient notamment permettre de d&#233;terminer l'appartenance raciale d'une personne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, nous sommes m&#233;fiants sur le principe de la constitution d'un tel fichier compte tenu de sa taille et de la difficult&#233; &#224; en ma&#238;triser les finalit&#233;s potentielles. Tout fichier pr&#233;sente des risques de dilution de ses finalit&#233;s du fait des possibilit&#233;s techniques qu'il offre, et ce, nonobstant la d&#233;claration de ses finalit&#233;s &#224; la CNIL.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les exp&#233;riences r&#233;centes nous ont &#233;chaud&#233;s. Par exemple, le fichier de police judiciaire STIC a &#233;t&#233; constitu&#233; ill&#233;galement puis l&#233;galis&#233; et est aujourd'hui utilis&#233; &#224; des fins administratives. De m&#234;me, le fichier national des empreintes g&#233;n&#233;tiques (FNAEG) dont le champ &#233;tait &#224; l'origine limit&#233; aux crimes sexuels a &#233;t&#233; peu &#224; peu &#233;tendu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque des fichiers sont cr&#233;&#233;s, ils donnent souvent lieu &#224; des applications s&#233;curitaires. En tant que magistrats, nous utilisons quotidiennement, dans le cadre des proc&#233;dures d'enqu&#234;tes, les fichiers des op&#233;rateurs t&#233;l&#233;phoniques des cartes bleues, etc. . Cette crainte d'une utilisation secondaire du fichier INES est d'autant plus importante que nous avons l'impression d'un d&#233;calage entre les contr&#244;les formels mis en place et la capacit&#233; effective de contr&#244;le de la CNIL.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;sur la carte d'identit&#233; &#233;lectronique&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Le couplage des usages multiples de la future carte d'identit&#233; &#233;lectronique pose un probl&#232;me particulier. Il serait fallacieux de soutenir qu'un titre ne serait pas obligatoire alors qu'il serait impossible de s'en passer pour vivre normalement d'un point de vue social. Cela pose la question de la l&#233;gitimit&#233; du couplage des usages s&#233;curitaires et des usages commerciaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous interrogeons sur la r&#233;alit&#233; des finalit&#233;s invoqu&#233;es pour justifier le recours au dispositif envisag&#233;. Il existerait une n&#233;cessit&#233; li&#233;e &#224; l'ordre international (contraintes de l'OACI, r&#232;glement europ&#233;en sur le passeport biometrique). Cet argument n'est pas convaincant. En effet, le sch&#233;ma qui nous est propos&#233;, celui du couplage d'un titre avec un fichier, n'est pas celui qui est retenu dans le cadre du passeport europ&#233;en. En ce qui concerne la n&#233;cessit&#233; de s&#233;curiser les titres d'identit&#233;, nous aurions souhait&#233; que des &#233;l&#233;ments d'appr&#233;ciation sur la fraude documentaire soient fournis (ampleur, nature et cons&#233;quences des falsifications). Or le Minist&#232;re de l'Int&#233;rieur lui-m&#234;me ne dispose pas de ces &#233;l&#233;ments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau titre est pr&#233;sent&#233; comme un outil &#171; pratique &#187; pour acc&#233;der aux t&#233;l&#233;services de l'administration &#233;lectronique et aux transactions de commerce &#233;lectronique. Au regard des risques d'atteintes &#224; la vie priv&#233;e, cet argument n'est pas du tout recevable. Ce qui doit &#234;tre prot&#233;g&#233; est la libert&#233; d'aller et de venir et la vie priv&#233;e. Nous ne pouvons donc accepter cet argument de nature &#171; publicitaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de la lutte contre la fraude documentaire, nous n'avons pas d'expertise particuli&#232;re sur son importance et ses cons&#233;quences. La fraude documentaire n'est pas le quotidien des magistrats en juridictions, y compris dans le domaine p&#233;nal. Nous n'avons pas donc pas d'attente particuli&#232;re par rapport &#224; une nouvelle carte d'identit&#233;, &#233;lectronique de surcro&#238;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les usurpations d'identit&#233; seraient un des outils principaux des groupes terroristes. Je n'ai pas d'indice me permettant de penser que les attentats auraient &#233;t&#233; emp&#234;ch&#233;s par une meilleure lutte contre la fraude documentaire. Je consid&#232;re qu'il s'agit d'un argument de circonstance qui, rapport&#233; aux enjeux et aux craintes, ne me para&#238;t pas justifier les atteintes contre les libert&#233;s individuelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A cet &#233;gard, le fichier central n'emp&#234;cherait les fraudes que dans le cas de demandes multiples. En revanche, il ne permettrait pas de v&#233;rifier la validit&#233; d'une premi&#232;re demande sauf &#224; introduire des &#233;l&#233;ments biom&#233;triques dans les informations de naissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'agissant de l'enregistrement de l'adresse dans un fichier central tel que celui envisag&#233; dans le cadre du projet INES, il convient de noter que cette donn&#233;e pourrait ainsi permettre la tra&#231;abilit&#233; des individus. L'adresse figure certes sur les cartes d'identit&#233;, mais aucune administration ne se contente de cette donn&#233;e pour d&#233;terminer le domicile d'une personne. Par ailleurs, la mise &#224; jour de cet &#233;l&#233;ment n'est pas obligatoire.&lt;/p&gt;
&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;sur les proc&#233;dures de contr&#244;le et de v&#233;rification d'identit&#233;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;La facilitation des contr&#244;les d'identit&#233; que permettrait ce dispositif ne figure qu'en filigrane dans le texte du projet. Il s'agit pourtant de la finalit&#233; la plus &#233;vidente. Nous souhaiterions avoir des explications sur cette finalit&#233; dans un contexte o&#249; nous observons une multiplication et une facilitation de l'exercice de ces contr&#244;les et une ineffectivit&#233; des r&#232;gles de droit qui sont cens&#233;es l'encadrer. Sauf quand la d&#233;fense d&#233;veloppe une argumentation pertinente sur les circonstances du contr&#244;le, la question n'est jamais pos&#233;e. Les tribunaux correctionnels sont r&#233;ticents &#224; intervenir sur ces questions. Parler d'obstacle juridique &#224; l'exercice de ces contr&#244;les est, par cons&#233;quent, injustifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors des proc&#233;dures de v&#233;rification de l'identit&#233;, les empreintes peuvent &#234;tre relev&#233;es mais doivent &#234;tre d&#233;truites sous le contr&#244;le du procureur de la R&#233;publique si aucune proc&#233;dure n'est engag&#233;e &#224; l'encontre de la personne. L'&#233;tat de fonctionnement des parquets &#233;tant ce qu'il est, je ne pense pas qu'ils v&#233;rifient que les empreintes sont d&#233;truites conform&#233;ment aux obligations l&#233;gales. Cette question de la v&#233;rification de l'identit&#233; ne fait pas l'objet d'une attention particuli&#232;re. En effet, le quotidien des parquets est la garde-&#224;-vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les garanties des proc&#233;dures de contr&#244;les d'identit&#233; sont ineffectives : L'opportunit&#233; des contr&#244;les pose probl&#232;me. La plus grande difficult&#233; r&#233;side dans le contr&#244;le des conditions dans lesquelles les policiers peuvent proc&#233;der &#224; ces v&#233;rifications.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil constitutionnel avait rappel&#233; les circonstances dans lesquelles peut s'effectuer un contr&#244;le d'identit&#233;. Dans les faits, ce cadre est rarement respect&#233;. Nous constatons la pratique de fouilles syst&#233;matiques que les policiers appellent &#171; palpations &#187; et qui ne peuvent s'analyser juridiquement que comme des perquisitions.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En conclusion, il semble que nous assistions &#224; un retour de l'histoire, Safari revient. Mais la soci&#233;t&#233; a chang&#233; et des ph&#233;nom&#232;nes d'accoutumance sont &#224; l'oeuvre, pour partie r&#233;sultant du contexte s&#233;curitaire de l'apr&#232;s 11septembre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CNIL sera amen&#233;e &#224; se prononcer sur le projet de carte d'identit&#233; nationale. Je sugg&#232;re que votre r&#233;flexion porte sur les deux points essentiels que sont le couplage d'usages et la constitution du fichier central de donn&#233;es biom&#233;triques. Il me para&#238;t simple de justifier que le couplage d'utilisations n'ayant aucun rapport entre elles n'est pas opportun. Si le gouvernement souhaite faciliter l'acc&#232;s des Fran&#231;ais au commerce &#233;lectronique, il peut cr&#233;er un m&#233;canisme distinct et gratuit. Par ailleurs, la constitution d'un fichier de la population nous para&#238;t dangereuse pour les raisons que j'ai &#233;voqu&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_ps'&gt;&lt;p&gt;Compte-rendu disponible au format &lt;a href=&#034;http://www.cnil.fr/fileadmin/documents/approfondir/dossier/CNI-biometrie/CRAUDITIONJACQMIN.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;PDF&lt;/a&gt; sur le site de la &lt;a href=&#034;http://www.cnil.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CNIL&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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